Carta da Juventude Africana aos seus líderes reunidos em Kigali

Posted: July 13, 2016 in Luanda
Jeunesse Africaine

Juventude Africana (Imagem retirada da web)

A Central subscreveu uma carta aberta redigida em língua francesa e destinada aos chefes de Estado africanos reunidos na 27ª Cimeira da União Africana a decorrer de 10 a 18 de Julho em Kigali, Rwanda.

A carta começa com uma introdução acerca do papel irrefutável das juventudes africanas em todas as conquistas empreendidas pelos seus povos, metendo o ponto de partida na História mais contemporânea, as lutas pelas independências.

Segue constatando que apesar do ideal que as norteou, o comboio não se aguentou nos carris e coloca o acento da responsabilidade nos guerrilheiros tornados líderes que, deslumbrados com as posições que passaram a ocupar, rapidamente se esqueceram das responsabilidades que elas acarretavam, traindo os mesmos românticos ideais.

Passando para a atualidade, manifesta grande preocupação com o apetite de vários “líderes” que, disfarçando pessimamente as suas derivas autocráticas, vão alterando as constituições para que estas passem a servir os seus exclusivos propósitos de manutenção do poder com um verniz de democracia e as nefastas consequências que estas fomentam nos respetivos países, metendo os “líderes” contra as suas populações que se opõem à estes exercícios, conduzindo à violência, à repressão, à violação dos direitos humanos.

Apela aos líderes que nessa Conferência respeitem 6 pontos:

1. Uma reafirmação de compromisso com os princípios de boa governança, de igualdade do género, de respeito pelos direitos humanos, da justiça e do Estado de direito;

2. Uma reafirmação da importância capital da participação política dos jovens nomeadamente pela realização regular, transparente e pacífica de eleições;

3. Que se comprometam a condenar e sancionar as modificações intempestivas das constituições e golpes de Estado constitucionais, cujo objetivo é o de manter certos indivíduos no poder;

4. O reconhecimento do papel dos jovens nas numerosas lutas por uma África mais digna e uma condenação da sua utilização como caixa de ressonância de certos ditadores tal como o faz a atual União Panafricana da Juventude;

5. Um apelo ao fim da repressão à qual são sujeitos os jovens pelo continente e nos países onde a voz vibrante e pacífica da juventude é silenciada;

6. A criação de um espaço de livre expressão cidadã para os movimentos civis em todo o continente africano.

Abaixo a carta na íntegra para os leitores bilingues e as 24 organizações que a subscreveram.

 

“L’Afrique que nous voulons: pour une action en faveur de la démocratie et des droits de l’homme”

Lettre ouverte des mouvements de la jeunesse africaine engagée aux Chefs d’Etat et de gouvernements


Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Nous, jeunes activistes et militants des mouvements citoyens africains, acteurs, partenaires et atouts incontournables pour le développement durable de nos pays et de notre continent, prenons l’initiative de vous adresser la présente à l’occasion du 27e Sommet de l’Union africaine qui se tient à Kigali au Rwanda du 10 au 18 juillet 2016, et dont le thème est “Année Africaine des droits de l’homme, avec un accent particulier sur le droit des femmes”.

A chaque tournant de l’histoire du continent, la jeunesse a toujours joué un rôle déterminant, grâce à son énergie et son idéalisme. Au moment de la décolonisation, ce furent des jeunes qui, désireux de façonner l’avenir de leurs nations, décidèrent de s’engager dans différentes formes de lutte qui ont permis à la plupart de nos États d’accéder à la souveraineté nationale et internationale. C’est à la fleur de leur jeunesse que les pères de l’indépendance nous ont conduits à l’émancipation. Malgré les soubresauts des premières années des indépendances et l’émergence de leaders égocentriques à la tête de la plupart de nos États, ce furent encore les jeunes, parmi lesquels certains sont de votre génération, qui défièrent les régimes autoritaires. C’est encore les jeunes qui, au plus fort de la lutte contre l’apartheid, payèrent de leur sang le prix de la liberté.

Durant la même période, un recours généralisé à la violence à travers des coups d’Etat, des rebellions et des insurrections a miné le continent et conduit à l’accession de certains d’entre vous au pouvoir. C’est encore les jeunes soldats et même enfants soldats qui payèrent de leurs vies le prix de vos victoires.

Ces méthodes, les faits le démontrent aujourd’hui, n’ont pas permis à nos Etats de prospérer sur la voie de la paix, de la démocratie et du développement quoi que plusieurs mouvements rebelles avaient la prétention d’apporter aux peuples la paix, la démocratie et le développement. Au contraire, ces méthodes ont servi à instaurer la culture de l’impunité, à avaliser la violence comme mode d’accès au pouvoir, à sur-militariser nos Etats au profit des détenteurs du pouvoir ; à ralentir le développement de nos populations ; à affaiblir les mécanismes de protection et de promotion des droits de l’homme au profit des systèmes judicaires répressifs ; à détruire le rêve démocratique, voire à faire ressurgir les velléités dictatoriales en faisant émerger des hommes forts au détriment des institutions fortes et stables.


Si, au sortir des guerres civiles et des déchirements multiformes, plusieurs Etats ont franchi le cap de l’adoption des premières constitutions et de la tenue des premières élections pluralistes et plus au moins démocratiques, il est dommage cependant de relever l’apparition récente d’un syndrome de changement des lois fondamentales au profit des Chefs d’Etat au pouvoir qui veulent, pour se pérenniser au pouvoir, faire sauter les verrous constitutionnels qui les en empêchent. Ces démarches s’accompagnent souvent d’une répression systématique de toutes les voix qui osent s’élever contre les tentatives de blocage de l’alternance politique pacifique et d’autres formes de violation des droits de l’homme. Ce syndrome déplorable et anachronique constitue une survivance des méthodes autocratiques qui tentent de résister à l’air du temps. C’est dans la foulée de ces phénomènes que sont nés nos mouvements.

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Le combat de nos mouvements s’inscrit dans la continuité de celui des pères fondateurs de l’Afrique libre. Le défis de la décolonisation ayant été relevés par les pères de nos indépendances, celui de la relative pacification de nos pays et de leur dotation d’ordres démocratiques assis sur des constitutions démocratiques ayant été relevés par votre génération, nous avons, pour l’intérêt général de nos populations, le devoir de consolider les acquis de nos jeunes démocraties et de préserver nos lois fondamentales comme gages d’un développement harmonieux.

En effet, la paix et la stabilité de nos pays dépendent souvent du respect des compromis politiques issus des accords ayant mis fin à des crises de légitimité. Aussi, les constitutions de la plupart de nos États étant les fruits des compromis politiques, toute forme de remise en cause de celles-ci dans le but de maintenir certaines personnes au pouvoir aura pour effet, non seulement de mettre en mal ce compromis politique mais surtout de recréer les conditions des nouvelles confrontations aux conséquences néfastes pour nos populations. La crise que traverse le Burundi aujourd’hui illustre mieux ces risques redoutés.

Au-delà de ce besoin de paix et de stabilité de nos États, le changement des constitutions ayant pour seul but le maintien au pouvoir certains individus constitue un recul avéré de nos Etats dans leur marche vers leur développement.

Dans l’agenda 2063 de l’Union Africaine, l’Afrique projetée est celle où règnent la bonne gouvernance, la démocratie, le respect des droits de l’homme et la justice. Jeter en pâture les ordres démocratiques mis en place au prix des rudes et nobles sacrifices serait condamner les générations futures à un perpétuel recommencement et à un cycle de violence sans fin.

C’est ce fatalisme et cette résignation à une situation de fait non-satisfaisante que nous refusons. C’est pour préserver l’ordre démocratique dans nos pays respectifs que nous luttons. De l’Angola au Sénégal, en passant par la République Démocratique du Congo, le Tchad, le Burkina Faso, l’Ethiopie, l’Egypte, la Tunisie, le Burundi ou le Congo-Brazzaville, nous nous battons pour une seule fin: éviter à nos populations la récession fatale en matière de démocratie avec tout le lot des malheurs qui va avec. Nous refusons de faire de notre génération une caste passive de toutes les velléités anti-démocratiques au profit des individus véreux.

De ce Sommet consacré aux droits de l’homme, nous attendons de vous:

  1. Une réaffirmation de votre attachement aux principes démocratiques, de bonne gouvernance, d’égalité de genre, du respect des droits de l’homme, de la justice et de l’Etat de droit ;
  2. Une réaffirmation de l’importance capitale de la participation politique des jeunes notamment par les élections régulièrement organisées, transparentes et apaisées ;
  3. Un engagement à condamner et sanctionner les modifications intempestives des constitutions et coups d’Etat constitutionnels dans le but de maintenir au pouvoir certains individus ;
  4. La reconnaissance du rôle des jeunes dans les nombreuses luttes pour une Afrique plus digne et une condamnation de l’utilisation de jeunes comme une caisse de résonnance de certains dictateurs à l’instar de l’actuelle Union Panafricaine de la Jeunesse ;
  5. Un appel ferme à mettre fin à la répression dont sont victimes les jeunes à travers continent et dans les pays où la voie vibrante et pacifique de la jeunesse est muselée ;
  6. La création d’un espace d’expression citoyenne libre pour les mouvements citoyens à travers l’Afrique.

En tenant en considérations ces recommandations, vous honorerez ainsi la mémoire des pères fondateurs et héros dont Patrice Emery Lumumba, Kwame Nkurumah, Modibo Keita, Julius Nyerere, Nelson Mandela et Thomas Sankara. Sans cela, vous ne ferez que renforcer l’image collée à l’Union comme étant un syndicat de dictateurs africains.

Les signataires de cette lettre ouverte :

Lucha (RD Congo)
Association Al Khatt (Tunisie)
Inkyfada.com (Tunisie)
Jaridaty.net (Tunisie)
#Sassoufit (Congo-Brazzaville)
Association des Blogueurs de Guinée (ABLOGUI) (Guinée)
Article57 (Togo)
ABCI (Association des Blogueurs Côte d’ivoire)
Le Réseau des Blogueurs (Sénégal)
PACT (Tchad)
Coalition Trop c’est trop (Tchad)
Coalition ça suffit (Tchad)
ZAYRAH Africa (Afrique du Sud)
Y’en A Marre (Sénégal)
Algérie-Focus (Algérie)
Envoyés Spéciaux Algériens (Algérie)
Africtivistes
Sunu2012 (Sénégal)
Balai Citoyen (Burkina Faso)
Filimbi (RDC)
African Youth Movement (Tunisie)
Central Angola 7311 (Angola)
Yaga Burundi (Burundi)
Internet Sans Frontières

Comments
  1. Hernni Dionsio says:

    Olá muito boa tarde,

    Envio esta mensagem só para lhes dizer:

    MUITO OBRIGADO PELA LUTA QUE VOCÊS TÊM ENFRENTADO PELO NOSSO PAÍS!!!!……..

    Um abraço forte do vosso irmão Hernéni…

    ________________________________ De: Central Angola 7311 Enviado: quarta-feira, 13 de julho de 2016 04:55:19 Para: herneni76@outlook.com Assunto: [New post] Carta da Juventude Africana aos seus líderes reunidos em Kigali

    Central Angola 7311 posted: ” A Central subscreveu uma carta aberta redigida em língua francesa e destinada aos chefes de Estado africanos reunidos na 27ª Cimeira da União Africana a decorrer de 10 a 18 de Julho em Kigali, Rwanda. A carta começa com uma introdução acerca do papel i”

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